Immobilier : les jeunes perdent du pouvoir d’achat

Au fil des ans, la capacité d’achat immobilier des jeunes actifs a baissé de manière exponentielle… Suite à une étude réalisée récemment sur le pouvoir d’achat immobilier des Français sur les 20 dernières années, le constat est clair : ce sont les jeunes adultes qui perdent le plus de mètres carrés ! On vous donne plus d’explications dans cet article.

Le contexte de l’étude sur l’évolution du pouvoir d’achat immobilier des Français sur 20 ans 

La plateforme d’estimation immobilière MeilleursAgents s’est intéressée à l’évolution du pouvoir d’achat immobilier des Français sur vingt ans et tout particulièrement à la capacité d’achat des jeunes actifs âgés de 18 à 29 ans. Pour réaliser cette étude, MeilleursAgents a comparé le revenu moyen mensuel actuel de cette catégorie de la population, soit 1 660 euros selon les données compilées par l’Insee, et l’état du marché immobilier dans 11 grandes villes de France, avec celui du début des années 2000. 

À noter que le pouvoir d’achat immobilier correspond au nombre de mètres carrés que peut acheter un ménage, en tenant compte des prix du marché immobilier, du montant de la mensualité du prêt immobilier que ce ménage est en capacité de rembourser ainsi que de la durée du prêt réalisé. 

Ce que révèle l’étude sur l’évolution de la capacité d’achat des jeunes actifs en France 

1- Le pouvoir d’achat est en baisse dans l’ensemble des 11 grandes villes 

Le pouvoir d’achat des jeunes Français a baissé de 35 % sur les vingt dernières années dans les 11 plus grandes villes de l’hexagone. Ainsi, un jeune actif ayant pour revenu moyen 1 660 euros dans les années 2000 pouvait acquérir un logement d’environ 50 mètres carrés dans de grandes métropoles telles que Nantes, Toulouse, Bordeaux, Montpellier ou encore Lille. Aujourd’hui, en 2021, avec le même salaire mensuel, un jeune adulte peut espérer acheter un bien de 31 m² seulement dans ces mêmes villes. Il perd donc 19 m² de surface en moyenne, soit l’équivalent de 2 pièces… Dans ce cas comment devenir propriétaire en étant jeune ? 

2- Des disparités constatées entre les grandes villes 

La capacité d’achat immobilier des jeunes est effectivement en baisse dans toutes les grandes villes de France, toutefois la tendance est plus ou moins marquée dans certaines métropoles. 

Ainsi, la ville de Bordeaux présente la baisse la plus importante en termes de pouvoir d’achat immobilier :  au 1er janvier 2000, un jeune actif avec un salaire de 1 660 euros pouvait acheter un logement de 58 m². En 2021 avec le même salaire mensuel, un jeune peut acheter un bien de 27 m², soit une perte de 31 m² sur 20 ans.

À Toulouse les jeunes actifs ont perdu 27 m², passant d’un logement d’une superficie de 62 m² à 35 m².

À Nantes, un jeune adulte pouvait acquérir un bien de 55 m² au début du millénaire, aujourd’hui au 1 er janvier 2021 il ne peut pas acheter plus de 34 m². Soit une perte de 21 m² en moyenne tout comme à Lille et Lyon.

À Strasbourg on observe une perte de la capacité d’achat de seulement 4 m² en 20 ans. C’est la ville la moins impactée.

Enfin, Paris est évidemment la ville où les jeunes ont le plus de difficultés pour acquérir un logement. Au début des années 2000, un jeune ayant pour revenu de 1 660 euros par mois pouvait acheter un 20 m². Aujourd’hui il ne peut même pas s’offrir un logement décent, puisque son budget lui permet d’investir dans un 11 m² seulement.

3- La capacité d’achat restreinte par la hausse des prix continue

Si le pouvoir d’achat des Français ne fait que de chuter depuis le début des années 2000, et qu'ils ont perdu 18 m² de surface d’habitation en moyenne c’est en grande partie à cause de la hausse constante des prix de l’immobilier. 

Au début du millénaire, certaines grandes villes telles que Nantes, Lille, Montpellier ou encore Bordeaux et Toulouse affichaient des prix au m² tout à fait raisonnables inférieurs à 1000 euros. Aujourd’hui ce n’est plus du tout le cas. Les prix des biens immobiliers n’ont cessé de grimper !

À Nantes, le prix au m² au 1er janvier 2000 était de 986 €, au 1 er janvier 2021 il est 3 507 € en moyenne. Soit une hausse fulgurante de 256 %. 

Le constat est le même dans d’autres grandes métropoles :

À Bordeaux le prix au m² était de 945 € et est aujourd’hui de 4 442 € soit un bond de 370 %. 
À Toulouse on passe de 882 €/m² à 3 362 €/m² soit une hausse de 281 %. 
À Lille, il fallait compter 933 €/m² en 2000 et actuellement il faut compter 3 228 €/m², soit une hausse de 246 %. 

Les hausses sont plus ou moins similaires dans toutes les autres grandes villes de l’étude : Strasbourg, Nice, Lyon, Rennes, Marseille, et Montpellier. 

Au début des années 2000, Paris était déjà la ville la plus chère de l’hexagone avec un prix au m² de 2 753 €. Aujourd’hui, 20 ans plus tard, ce prix au m² bat des records et est estimé à 10 402 € en moyenne soit quasiment 4 fois plus. 

 La crise économique de 2008 a fortement impacté le pouvoir d’achat immobilier des Français. À cette période, les prix du marché étaient très élevés et les taux d’emprunt immobilier peu favorables. Aujourd’hui un peu plus de 10 ans plus tard, les choses se sont légèrement améliorées. Même si globalement le pouvoir d’achat des ménages et particulièrement celui des jeunes actifs a nettement baissé, on constate un léger regain de + 5 m² en moyenne, dans toutes les villes de France, sauf à Bordeaux et Lyon. Par ailleurs, les conditions de crédit immobilier sont beaucoup plus favorables qu’à l’époque, ce qui favorise davantage l’achat immobilier. Si globalement l’accès au logement s’est dégradé au fil des ans, c’est que la hausse des revenus des Français ne suit pas la hausse des prix des biens immobiliers. Nous avons fait un article sur les questions à se poser pour commencer à investir dans l'immobilier qui servira aux plus jeunes investisseurs.

 

Vous avez projet immobilier en tête ? Il s’agit de votre premier achat immobilier ? Contactez l’équipe d’experts immobiliers de Jeune Vision’ère pour vous accompagner dans cette démarche. Ils répondront à toutes vos interrogations et mettront en place un plan d’action adapté en fonction de votre situation personnelle.